Mercredi 29 novembre 2006
Ron Dennis, patron de l'écurie McLaren, a déclaré hier que Fernando Alonso, double champion du monde de F1 et récent transfuge de Renault, devrait "se sentir comme à la maison" au sein de sa nouvelle Team. Le Britannique a même ajouté que l'Espagnol faisait "d'ores et déjà partie de la famille". Néanmoins, tant de bons sentiments et de belles paroles ne sauraient cacher l'ampleur de la tâche qui attend réellement Alonso : redonner le goût de la victoire à une écurie qui ne gagne plus (merci Montoya-le-capricieux et Raikkonen-la-scoumoune), qui n'a pas encore résolu ses problèmes mécaniques récurrents - notamment moteur - et qui en prime vient d'enrôler un novice de 21 ans, Lewis Hamilton, comme second pilote. Autant dire que le titre constructeur relève presque de l'utopie et qu'il faudra une bonne dose de patience et d'abnégation à Alonso pour lui permettre d'arracher une troisième couronne individuelle… En sera-t-il capable mais surtout quels intérêts servira-t-il ? Ron voit la vie en rose depuis qu'il croit avoir signé un porte-bonheur à l'épreuve de tous les coups du sort, mais si nous avions un conseil à lui donner, ce serait de prendre garde aux mœurs ibériques : à l'auberge espagnole, on n'y trouve que ce que les gens ont bien voulu apporter.
Par Catalsa
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Le championnat du monde des rallyes s'est achevé ce dimanche en Grande-Bretagne sur une victoire de Marcus Grönholm (Ford Focus), qui a facilement devancé Stohl (1,35 min.) et Solberg (1,55 min.) sur le podium. Le Finlandais enregistre là le 7e succès de sa saison et le 25e de sa carrière. Il finit également deuxième au classement général des pilotes à seulement un point de Sébastien Loeb (Citroën Xsara). Il faut dire que l'Alsacien avait de la marge tant il a dominé cette édition 2006 de la tête et des épaules avec huit victoires au compteur, mais surtout en se permettant le luxe de finir champion du monde – pour la troisième année consécutive - sans même prendre part aux quatre dernières épreuves ! Son absence pour cause de bras cassé (accident de VTT) aura cependant été préjudiciable à sa "team" dans le challenge des constructeurs : Ford s'assurant la première place au rallye de Nouvelle-Zelande. Ah, si seulement Pons avait eu le niveau pour s'immiscer dans la bataille…
C'est bien là que le bat blesse. Les seconds couteaux ne sont pas au rendez-vous et n'ont pas encore le talent nécessaire pour venir inquiéter ces deux as du volant. Au final, le seul rallye ayant échappé cette année à la paire Loeb (112 points)-Grönholm (111 points) est celui d'Australie, remporté voilà un mois par Mikko Hirvonen (3e du général avec 65 points !). Maigre bilan.
On ne devrait jamais se plaindre de voir un Français dominer aussi outrageusement son sport, mais sans opposition convenable certains risquent fort, dans notre beau pays, de vite dévaloriser les performances du natif d'Haguenau voire de lui reprocher son hégémonie comme ce fut le cas – à une époque pas si lointaine et dans une autre discipline - pour Schumacher. Ce dernier est Allemand ? Quelle différence ?! Les frustrés de tous bords rappeleront bientôt que le Rhin n'est pas une frontière en soi et que la France s'arrête à la ligne des Vosges... Il y va donc de l'intérêt de la compétition et du bien-être national (on n'efface pas un siècle de mentalité "coubertine" et plusieurs générations de "poupous" en quelques mois) que de retrouver assez rapidement des adversaires du standing de Loeb. Et si Michael sortait de sa retraite ?
Par Catalsa
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La vie est injuste. Sébastien Bourdais a beau être triple champion du monde de ChampCar, la F1 ne lui fait toujours pas les yeux doux. Le Français effectue cette semaine des essais sur le circuit de Jerez (Espagne) pour le compte de Toro Rosso - succursale de Red Bull Racing – et pour la énième fois, on ne peut lui garantir une monoplace attitrée ! Il est proprement scandaleux de voir que, malgré son palmarès et sa science du pilotage à seulement 27 ans, le Manceau ne trouve pas meilleur crédit dans le monde impitoyable de la F1 et que seules les écuries de seconde zone cherchent à s'attacher (sporadiquement qui plus est !) ses services. Que voulez-vous, tout est affaire de sponsors et notre "intello de l'auto" ne semble pas assez "bankable" dans le milieu. Le produit bleu-blanc-rouge parait d'ailleurs être une denrée périssable ou en tout cas particulièrement démodée : le dernier Français présent dans la catégorie reine fut Franck Montagny (sept courses en 2006 pour Super Aguri, aujourd'hui recruté en qualité de pilote essayeur chez Toyota) et le dernier "régulier", Olivier Panis (saison 2004). Dans ces conditions, que penser du comportement de Renault ? L'écurie française aurait pourtant le profil idéal pour accueillir le protégé de Paul Newman… Historiquement, les Français ont toujours brillé sous les couleurs de la marque au losange (Jabouille, Arnoux, Prost, Tambay) mais depuis son retour à la compétition en 2002, aucun pilote tricolore n'a trouvé grâce aux yeux du nouveau directeur général, le volubile Flavio Briatore. En revanche, l'Italien ne s'est pas privé d'imposer ses compatriotes "scoumounards" dans les baquets : Jarno Trulli (2002-2004) et Giancarlo Fisichella (2005-2007). Au passage, ce dernier n'a pas encore donné complète satisfaction à l'ensemble du team Renault. Son rôle dans l'obtention du titre constructeur acquis ces deux dernières années a été minimaliste (58 points [5e pilote] sur 191 en 2005 ; 72 points [4e pilote] sur 206 en 2006) et "Fisicho" va devoir retrousser ses manches afin de prouver qu'il a la carrure nécessaire pour endosser le statut de pilote numéro 1. Vaste programme. Quoi qu'il en soit, Bourdais ne se formalise pas de cette situation ubuesque. En revanche, le garçon ne veut plus se contenter de simples promesses s'apparentant à des miroirs aux alouettes : ce sera une place de titulaire indiscutable ou un retour (définitif ?) aux Etats-Unis. Tout est dit.
Par Catalsa
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